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LE DEUIL DE L’ANIMAL : COMMENT S’Y PREPARER ET LE TRAVERSER 1024 683 Chantal Chiarotto

LE DEUIL DE L’ANIMAL : COMMENT S’Y PREPARER ET LE TRAVERSER

« La vie de nos animaux familiers est toujours trop courte.  Un chien selon sa taille peut vivre en moyenne 10 à 17 ans, un chat 16 à 18 ans. Le perdre peut être une épreuve douloureuse et difficile à supporter. A l’annonce de la mort de leur compagnon à 4 pattes, nombre d’entre nous se demandent comment désormais vivre sans lui  ? »

Que l’animal très aimé qui a partagé nos joies et nos peines arrive en fin de vie et s’éteigne doucement ou qu’il meurt brutalement d’une maladie foudroyante empoisonné ou renversé par une voiture, c’est toujours un immense chagrin.

  • Dans le premier cas les propriétaires ont pu se préparer à cette échéance. Ils savent que la mort fait partie du cycle de la vie, et connaissent bien la trop courte espérance de vie de leur compagnon.
  • Par contre si la mort est violente, inattendue, que l’animal est très jeune, alors cette disparition est encore plus insupportable et éveille une grande colère, voire le refus de croire à ce qui vient d’arriver.

Les morts qui nous semblent prématurées sont tout particulièrement bouleversantes et la brutalité d’un décès accidentel n’offre pas la préparation au deuil.

L’euthanasie

Pour un animal qui arrive en fin de vie ou dans la dernière phase d’une maladie mortelle, qui souffre trop, se replie sur lui, perd conscience, ne mange plus, ses propriétaires se posent légitimement la question de l’euthanasie pour lui éviter la pire des agonies et couper court à des douleurs insupportables.

Décider que la vie de notre compagnon doit s’arrêter là, est une des résolutions les plus difficiles à prendre. Comment déterminer le degré de souffrance de l’animal, degré à partir duquel il ne sera pas charitable de le maintenir en vie, si ce n’est juste pour différer notre douleur de le perdre.

Nous avons envie de dire à tous ceux qui sont ou seront un jour confrontés à cette terrible échéance, qu’il s’agira de percevoir avec le plus d’honnêteté possible le moment où la souffrance et la détresse auront gagné sur le plaisir de vivre de l’animal. Les pertes de l’appétit, des capacités motrices et de l’intérêt pour l’entourage, l’incontinence massive, les plaintes et gémissements, étant quelques-uns des signes évidents de cette détresse. 

Avec l’avis de son vétérinaire et mis devant l’évidence, on peut alors avec le praticien prendre la lourde décision de lui faire administrer une injection pour « une mort douce ». 

« Pour ceux qui le souhaitent et peuvent le supporter, il est recommandé d’accompagner courageusement son animal jusqu’au bout. Certaines personnes derrière cette épreuve, gardent ainsi le réconfort de ne pas s’être détournées et d’avoir jusqu’au dernier instant assisté dignement leur compagnon ».

Un cérémonial est nécessaire

Se pose alors une dernière question :

que faire du corps de l’animal ?

Plusieurs solutions sont possibles :

  • le laisser chez le vétérinaire qui prendra les dispositions.
  • l ’enterrer dans son jardin à la campagne (à condition de respecter les réglementations : éloignement suffisant de l’habitat, profondeur d’enfouissement et chaux vive)
  • prendre une place dans un cimetière animalier
  • opter pour la crémation individuelle qui permet d’enterrer ou disperser ses cendres dans un endroit aimé. 

Chacun choisira selon sa sensibilité, mais un cérémonial comme enterrer ou faire incinérer l’animal mort peut aider beaucoup le travail du deuil. 

Se renseigner d’avance et parler de ces dernières dispositions à prendre, peut faciliter les choses le moment venu quand on se trouve trop écrasé de chagrin.

Est-il normal d’être déprimé après la perte de son animal ? Combien de temps cela dure t-il ?

Les effets du deuil et sa chronologie sont trop peu souvent évoqués. Notre société d’aujourd’hui plutôt portée à allonger la vie, préfère ne pas parler de la mort.

Pourtant, le deuil qui est à la fois état et, conséquences de la perte d’un être cher est un phénomène normal. Il n’est pas fou d’avoir du chagrin à la perte de l’animal avec qui on a parfois passé 15 ans d’une vie. C’est même notre dernière expression d’amour pour lui et mieux vaut éviter en cette période les personnes qui ne le comprendraient pas.

Il est au contraire réconfortant de pouvoir exprimer son chagrin auprès de sa famille ou d’amis qui peuvent le recevoir. Celui qui peut parler, dire son émotion et pleurer avec les siens est favorisé. Il est important de ne pas se sentir critiqué dans sa douleur mais d’être compris et respecté. 

La meilleure aide pour un endeuillé vient de personnes proches aimant elles aussi les animaux, patientes, indulgentes et sachant simplement écouter sans rien vouloir empêcher de la douleur et des larmes de l’autre. 

Tout le monde ne réagit pas de la même manière, et certaines personnes auront plus ou moins besoin de contacts ou d’intimité.

Le deuil se caractérise par l’humeur dépressive, la perte de l’intérêt pour le monde extérieur, la culpabilité, et peut conduire à une dépression grave. Mais attention à ne pas prendre toutes ces manifestations normales du deuil pour un état pathologique.

À la perte d’un animal très aimé, le chagrin est inéluctable et naturel. C’est l’absence d’affliction qui peut être anormale et doit être repérée par les proches. La personne endeuillée peut aussi nier cette mort et faire comme si l’animal était encore là, or non-dit et refus de la mort diffèrent ou bloquent le deuil.

Les différentes phases du deuil

Le déroulement normal du deuil passe successivement par différentes phases :

  • D’abord le choc : celui qui reste, heurté, secoué dans toutes ses fibres, saisi d’une lassitude écrasante est atteint jusque dans sa santé, perd l’appétit, le sommeil. Émotionnellement perturbé, tour à tour agité il crie sa peine, ou comme anesthésié, silencieux, muré, il gémit livré à des affects d’impuissance, de révolte, de colère, d’abandon, de honte parfois, de culpabilité souvent.

Telle personne se sent coupable de n’avoir pas repéré plus tôt les premiers signes de la maladie et n’avoir pas conduit son chien ou son chat de suite chez le vétérinaire ; telle autre de n’avoir pas prévu le danger qui guettait son compagnon à 4 pattes. S’en prenant à la terre entière « pourquoi est-ce mon chien qui est mort ? », d’autres enragent aussi de la négligence d’un tiers qui a mal refermé le portail du jardin, contre le chauffard qui a renversé leur chat, ou le propriétaire de ce chien qui a brisé la colonne de son chat… Certains rendent responsable le vétérinaire de n’avoir pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver leur animal.

Même celui qui a pu se préparer à son deuil, n’échappe pas à cette phase qui peut être moins violente mais plus insidieuse, et jeter parfois davantage dans la torpeur.

  • Puis vient l’état dépressif : comme soudain coupé des autres, c’est la grande solitude. L’endeuillé est seul à savoir ce que la perte de son animal représente de douleur pour lui. Tout est sombre, chaque geste du quotidien est laborieux, ce qui pourrait le divertir est rejeté, il ne peut être distrait ni déchargé de sa tâche de remémoration des souvenirs communs avec l’animal chéri. Sans plus être très bien capable de s’occuper de lui-même, il a besoin d’être protégé, consolé. Il faut ce temps comme pour tourner à vide… pour accepter peu à peu la réalité, la révolte, la blessure, l’état de fragilité, le déséquilibre qu’a engendré la perte.

Des rêves surviennent, on voit le chien, le chat encore vivant, puis il s’éloigne, s’estompe, s’efface…

  • Enfin avec le temps grand consolateur du deuil, la douleur s’adoucit même si elle se réveille plus ou moins à des occasions anniversaires ou en croisant un autre animal de même race…celui que l’on ne peut plus voir, sentir, caresser va maintenant vivre à l’intérieur de nous. Sa photo nous accompagne, on aime évoquer les bons moments passés en sa compagnie …on sait qu’il n’est plus, mais il reste présent au fond de nous à jamais. On accepte ce passé qui ne sera plus et l’avenir qui ne sera pas avec l’être perdu.

Ce parcours achemine vers la finalisation du deuil, qui laisse enfin la possibilité de reprendre goût à la vie. Ces différentes phases ne sont normalement que passagères, mais par contre si le propriétaire de l’animal mort s’enferme dans l’une d’elle qu’il ne peut terminer son travail de deuil (et même sombrer dans la dépression), là il y aurait lieu de consulter pour trouver de l’aide psychologique.

Peut-on parler de la mort aux enfants, et comment ?

D’OR et d’ARGENT décédée le 07 12 2020 Propriétaire Madame Chiarotto

« Pour comprendre et accepter, les enfants ont besoin de connaître la vérité. Selon leur âge, la nature et la force du lien qui les unissait à leur compagnon, ils peuvent être plus ou moins troublés ou affectés par sa perte ». 

La mort est perçue différemment selon les âges : 

Des explications justes mais simples seront suffisantes pour les plus jeunes jusqu’à environ 6 ans. Pour les petits le « plus jamais » n’existe pas encore et il ne sera pas véritablement question de deuil pour eux, mais d’expérience de séparation, de perte qu’il faut veiller à ce qu’elle ne soit pas vécue dans la solitude. C’est la toute chaude présence rassurante des parents qui leur permettra de dépasser l’épreuve sans traumatisme.

Les plus grands poseront de nombreuses questions, inutile cependant d’entrer dans des détails qui pourraient les choquer. Par contre, répondre avec clarté aux interrogations fréquentes comme « est-ce qu’il a mal, est-ce qu’il a froid ? » rassure et apaise le jeune. 

Présenter franchement les faits douloureux ainsi que proposer à l’enfant de voir l’animal mort s’il le souhaite, n’est pas choquant pour lui comme beaucoup le croient habituellement. Cela le conduit au contraire à l’acceptation de l’irréversible de cette perte.

De même que l’adulte, il sera aidé dans son travail de deuil s’il peut ensuite fleurir la tombe de son animal, ou savoir où sont ses cendres.

L’enfant qui perd son petit compagnon adoré, voit sa souffrance majorée si les parents font silence sur l’évènement, et ne veulent pas lui laisser vivre la réalité des choses. 

Le sentiment de solitude et d’abandon qui pourrait en résulter, ne ferait que le bloquer dans ce passage pourtant obligé par la souffrance, qui lui permettrait de rompre progressivement les liens avec l’animal perdu.

L’enfant qui éprouve de l’angoisse face à la mort, sera rassuré si vous lui dites que toutes les maladies ou les blessures n’y mènent pas forcément.

Lui dire que l’on a volé son chat ou son chien ou bien qu’il est parti… ne le ferait que développer des scénarii faux et angoissants du genre « il est parti parce que je l’ai disputé, est-ce qu’il va revenir ? ». Il pourrait se sentir trahi le jour où inévitablement il apprendra la vérité.

Parce que l’on ne peut jamais soustraire ses enfants aux épreuves de la vie, il ne sert à rien de vouloir les abriter de la mort de leur animal chéri. Cette tentative de se protéger soi-même les empêche de grandir et de se préparer sainement à la vie et aux pertes inévitables qui la jalonnent. 

Il est donc capital que l’enfant puisse dire sa peine à ses parents, extérioriser ses émotions et se sentir accompagné dans son chagrin. Il peut le faire d’autant mieux que les adultes eux-mêmes ne dissimulent pas leur propre peine en lui montrant ainsi qu’il est normal de l’exprimer.

Ne pas négliger les autres animaux de la maison 

Plusieurs animaux qui cohabitent tissent entre eux des liens d’attachement. Lorsque l’un d’eux décède, l’autre le cherche et ressent un vide. Il perçoit aussi la détresse de son propriétaire qui le délaisse un peu. Dans son chagrin, il ne faut pas oublier celui qui reste et s’efforcer de lui consacrer du temps et lui garder ses habitudes.

Sans ce nécessaire travail naturel du deuil, aucune relation nouvelle avec un autre ne pourra se nouer sainement. Se précipiter de manière prématurée pour reprendre un compagnon à 4 pattes fait partie de ces vaines tentatives d’échapper à l’incontournable souffrance du deuil qui ne manquera pas de ressurgir un jour, dans un moment et des circonstances inattendus. 

C’est également exposer douloureusement « l’animal de remplacement » à des comparaisons sûrement pas toujours à son avantage par rapport au mort idéalisé.

Ce malheureux « remplaçant » risque fort d’en souffrir, toujours perdant dans cette sorte de compétition inégale. Nié dans ses qualités propres et sa singularité, le nouveau chien ou chat souvent choisi de même race et de même couleur, n’étant là que pour masquer la perte du précédent. 

« … Jamais ce chien ne pourra dominer, se soumettre, se hiérarchiser, s’enfuir ou se cacher, éprouver un code clair de comportement avec ce maître-là, parce qu’il est à la fois appelé et chassé, attendri et angoissé. » « … Il ne pourra participer à aucun rituel d’interaction cohérent, puisque dans l’esprit de son maître « il a été mis là pour » évoquer le disparu et souffrir de la comparaison. »

Dans ces quelques lignes, Boris Cyrulnik (dans l’ensorcellement du monde, éditions O. Jacob pages 132 à 141) expose très bien le drame du « chien de remplacement » toujours victime de troubles du comportement.

Tout animal chéri disparu est irremplaçable. Celui qui lui succèdera pour continuer avec vous un bout du chemin de la vie se montrera capable de vous apporter aussi du bonheur, si après votre deuil, vous savez l’accueillir pour lui-même.

Avec l’aimable autorisation de :

Danièle  Mirat – Caniconsultante

Texte co-rédigé avec Françoise Gaudron et publié dans le magazine « Santé Pratique Animaux » n°8

Pour Entraide Anima-Deuil (association de soutien suite à la perte d’un animal de compagnie).

https://www.communicanis.com/

ACCOMPAGNER SON ANIMAL VIEILLISSANT, COMMENT ? 1024 576 Chantal Chiarotto

ACCOMPAGNER SON ANIMAL VIEILLISSANT, COMMENT ?

Ils vieillissent : c’est à nous de nous adapter

« Le vieillissement est aujourd’hui objet de l’attention de tous les acteurs du bien-être de l’animal familier, car comme ses propriétaires celui-ci voit son espérance de vie augmentée ».

Les progrès en médecine, chirurgie, diététique humaine et vétérinaire, les recherches en gérontologie et gériatrie plus particulièrement, ont en effet contribués à allonger notre vie comme celle de nos compagnons « à 4 pattes ». Alors un jour on remarque la barbiche blanche de notre briard, les yeux opaques de notre caniche ou la léthargie accompagnée de gloutonnerie de notre chatte de gouttière… 

Eh ! Oui, ils vieillissent !  Chiot ou chaton, dès leur arrivée à la maison, avec vigilance, patience et indulgence nous avons dû leur faire faire l’apprentissage de la vie avec nous. Passé ce temps de l’enfance, le respect dû à un animal entièrement dépendant a maintenu notre attention, pour offrir à notre chien et/ou notre chat tout le soin dont ils avaient besoin Mais arrivés à l’heure de la vieillesse, c’est peut-être là que nous leur devons le plus, alors comment leur faire vivre sereinement leur vie de seniors ?

Qu’est-ce que la vieillesse ?

Nullement une maladie mais un processus normal du monde des vivants, la vieillesse s’installe insidieusement dans le dernier quart de vie d’un organisme. On y voit un état d’affaiblissement des forces et des facultés, les effets du vieillissement gagnent petit à petit l’appareil digestif, urinaire, cardio-vasculaire et respiratoire, le système nerveux, locomoteur, reproducteur… jusqu’à ce que les fonctions ralenties de l’organisme s’arrêtent définitivement.

Vers quel âge parle-t-on de vieillesse chez son animal ?

En fonction de leur taille, leur poids, leurs conditions de vie ainsi que de leur potentiel génétique personnel, nos chats et nos chiens ne sont pas égaux devant le vieillissement.

On observe qu’un grand chien entre dans le 3ème âge après ses 7 ans, son espérance moyenne de vie étant de 10 à 12 années. Les chiens de travail (gendarmerie, sauvetage, ring, pistage etc.) et les chiennes reproductrices sont d’ailleurs mis à la retraite à partir de cet âge. Un chat ou un chien de petite race pouvant vivre beaucoup plus longtemps (15/18 ans), leur vieillesse ne débutera que vers les 10 ans.

Basées sur des critères variés, des grilles de comparaisons d’âges de l’être humain par rapport à ceux du chien sont même proposées. Ces estimations n’ont d’intérêt que pour retenir qu’un chien ou un chat âgé de 10 à 16 ans n’est pas un adolescent mais un vieillard ! Et qu’il doit pour cela être traité avec des égards. 

Certains facteurs influent sur la longévité de nos petits compagnons. Le code génétique bien sûr, mais spécialement tout le soin que l’on a pris d’eux dès leur jeune âge, pour leur assurer une bonne condition physique et psychique (l’une n’allant pas sans l’autre). 

Être attentif à certains signes

Graduellement moins beau, moins actif, moins présent, l’animal âgé est plus fragile qu’un jeune adulte et doit donc faire l’objet d’observations et d’attentions toutes particulières. Le regarder vivre et se déplacer, le palper, noter tout changement pour reconnaître ses déficiences progressives, aide à vite déceler l’apparition d’une maladie liée au vieillissement.

L’allongement du temps de repos et de sommeil, qui lui est normal, ne devra donc pas être une inquiétude. Mais lentement l’animal peut venir à souffrir dans sa locomotion, s’essouffler, mal entendre ou mal voir … plusieurs de ces déficiences finissant par s’ajouter !

Résultat sa vitalité est diminuée et il peut être moins prompt à répondre aux demandes. Le cerveau, organe de traitement des informations et de commande est concerné par le vieillissement. Son inévitable dégénérescence entraîne et accompagne progressivement nombre de troubles organiques, mais aussi de l’humeur et du comportement souvent. 

Les signes du 3e âge se voient donc sur le plan physique psychologique et, comportemental.

1) Physiquement

*Ses performances physiques diminuant progressivement, l’animal se fatigue plus vite, il peine à sauter ou monter les marches 

*Des poils blancs apparaissent sur le museau, le corps, la fourrure devient plus terne ou dépilée par endroits

*Des verrues ou kystes peuvent se former, qu’il faut faire examiner car les tumeurs sont légion chez les seniors (d’ailleurs nombreuses sont les femelles âgées qui développent des tumeurs mammaires)

*L’animal s’alourdit parfois. La surcharge pondérale est toujours préjudiciable au cœur, aux reins… mais surtout si c’est un chien dysplasique qui alors boitera davantage.

*La cataracte opacifie le cristallin, ce qui rend la vision de plus en plus trouble.

*Les facultés auditives diminuent et le chien ne « répond » plus : d’où l’intérêt de lui avoir appris à réagir à la voix et aux gestes.

*Le chien ou le chat âgé peut se mettre à tousser ou s’essouffler, voire tomber en syncope… peut-être des symptômes de maladies cardiaques, pour le vétérinaire.

*Des insuffisances rénales (les reins filtrant moins bien) peuvent provoquer la mort de l’animal (c’est une des premières causes de mortalité chez le chat) : alerter son vétérinaire quand on voit l’animal boire davantage. 

*La perte d’appétit ou le contraire, l’incontinence nocturne, des constipations en alternance avec des diarrhées sont autant de points de repères de l’affaiblissement des fonctions vitales de l’organisme de l’animal.   

2) Psychologiquement et comportementalement

« Graduellement la vie relationnelle de notre compagnon vieillissant s’appauvrit. Mais ce phénomène s’accompagne parfois de troubles de l’humeur et du comportement plus marqués, et certains de ces dysfonctionnements nécessitent de consulter le vétérinaire ».

QUAND : 

*L’animal à moins d’intérêt pour tout ce qui le stimulait autrefois

*Le chat joue moins ou plus du tout et reste isolé

*Le chien accueille ses propriétaires avec moins d’enthousiasme et réagit comme « avec retard » ou comme « un peu décalé » quand on le sollicite, jusqu’à ne plus répondre aux demandes

*Il gémit parfois dans des circonstances du quotidien (toujours un peu les mêmes) pour ce qui ne semble pas être des douleurs ; il se met à hurler (de détresse) quand on s’absente alors qu’il savait si bien tranquillement rester seul auparavant; il devient moins patient (voire despotique pour celui qui n’était déjà pas très souple !) 

*Il peut avoir des réactions disproportionnées ou un peu inopportunes à des bruits plus ou moins familiers

*Il peut se mettre à déambuler de jour et même de nuit, voire se « perdre » dans son environnement habituel (dans le jardin notamment)

*Il peut rechigner à sortir hors de chez lui, et sembler avoir oublié ses apprentissages du jeune âge, ou même être « retombé en enfance » ingurgitant, comme un chiot, tout ce qu’il trouve

Devant quelques-unes de ces déficiences, que faire pour l’aider à mieux vivre son 3ème âge ?

*D’abord des visites régulières chez le vétérinaire, qui pourra retarder ou éviter l’apparition de maladies inhérentes à « l’âge mûr » sachant qu’aucun traitement ne pourra jamais rajeunir un vieil animal, mais souvent lui assurer une qualité de vie plus optimale.

*On peut obtenir une activation des fonctions vitales ralenties par la vieillesse, une récupération fonctionnelle du tissu nerveux, un soulagement dans les affections inflammatoires des articulations ou des bronches, une amélioration de la fonction cardiaque, du tube digestif, du foie, des reins…le régime alimentaire peut être changé, adapté, supplémenté, la prise de nourriture fractionnée…

*L’homéopathie, la phytothérapie, l’acupuncture, l’ostéopathie etc.…étant particulièrement efficace pour aider et soulager certains maux de la vieillesse.

*D’une manière générale il faut garder les habitudes du vieil animal. La routine du quotidien est rassurante et la rupture avec ses repères journaliers le désoriente et le stress facilement (une mise en pension par exemple peut être mal vécue, un déménagement également, mais aussi l’absence d’un membre de la famille…)

*Veiller à lui ménager une place de repos plus moelleuse (hors courant d’air) et plus au calme, car tout en gardant le contact avec la vie de famille, l’animal a besoin de plus longues périodes de sommeil. 

*Sans le reléguer, il faut le protéger notamment de l’agitation des enfants. Leur turbulence est moins bien vécue par un chat ou un chien devenu moins tolérant, simplement parce qu’il souffre des maux divers de la vieillesse, d’où parfois des grognements et même des coups de crocs du chien ou de griffes du chat.

L’un ou l’autre animal souffrant des reins, d’arthrose ou de dysplasie par exemple, redoutera aussi les caresses qui deviennent douloureuses, d’où là encore de légitimes réactions agressives pouvant augmenter.

Atteint de surdité ou/et  d’une vision altérée il est sans cesse « surpris » et ne peut plus anticiper les approches. Aux adultes de faire comprendre aux enfants de la famille, à leurs petits camarades et à ceux qui croisent le chien au cours des balades, que l’animal âgé est moins patient, qu’il veut moins jouer et recherche moins les caresses.

Parce que sa vitalité et sa mobilité ont diminuées, les enfants devront apprendre à l’aborder et jouer avec lui sans brutalité, à faire des caresses moins appuyées et moins prolongées pour son dos ou ses pattes arthrosiques. Pourquoi tant d’enfants ont-ils été mordus par leur vieux chien pourtant « gentil » jusque-là ?

Parce que l’animal qui a souffert de leurs rudesses répétées, a eu un jour la réaction naturelle de défense chez les canidés : la morsure. L’animal avait probablement grogné ou montré les crocs auparavant, il avait déjà « prévenu » en quelque sorte, mais les très jeunes enfants en particulier, ne repèrent pas cette menace du chien destinée à faire cesser leur comportement. L’animal fini par mordre parce qu’il n’a pas vu aboutir ses avertissements et qu’il continue d’être victime de brutalités. 

*Progressivement adapter le rythme, la durée et les lieux de promenade du vieux chien (plus courtes, plus lentement et sur des parcours plus plats).

« Les balades doivent être ajustées à sa mobilité réduite, son insuffisance cardiaque et/ou respiratoire, sa surdité et/ou sa plus mauvaise vue, en les réduisant un peu plus lors de conditions climatiques extrêmes (fortes chaleurs ou froids intenses). Les manteaux et imperméables du commerce protègeront les plus fragiles ».

*Penser notamment à l’aider à monter ou descendre de voiture, prendre garde à ne pas le laisser trop s’éloigner (certains, soudainement inquiets en ne voyant plus leur propriétaire, se mettent en danger en courant en tous sens). La surdité du vieil animal peut être compensée, en essayant de rester dans son champ de vision et développant une gestuelle exagérée et incitative pour le rappel entre autre (attention en pénombre l’hiver, il y voit moins bien !).

*Par temps doux, un brossage précautionneux adapté une fois encore aux raideurs, douleurs, ou imperfections de la peau, reste bénéfique. Il permet la surveillance de grosseurs, de présence de parasites nuisibles, etc… tout en maintenant le contact corporel et la tendre complicité avec un animal, que ses facultés sensorielles diminuées isolent un peu (et toujours pour les raideurs douloureuses, attention à l’essuyage des pattes sales au retour des sorties).

« Ce maintien d’une activité modérée est nécessaire au bon équilibre d’un vieux chien, et pas de « retraite brutale » à celui qui chassait ou faisait du jogging avec son propriétaire sous prétexte qu’il n’est plus performant » !

*Veiller plus souvent au niveau d’eau de la gamelle d’un animal dont la soif est augmentée (sans chercher à réduire sa consommation, sous prétexte de mictions plus fréquentes! au risque d’aggraver la pathologie).

  Un nouveau compagnon lui serait-il profitable ?

SCOTTY des  »Senteurs de Provence ».

Il vaut mieux s’abstenir d’amener « dans les pattes » d’un chien ou d’un chat sénior, un chiot turbulent par nature, qui risque de le bousculer et l’épuiser avec sa vitalité débordante et ses mordillements.

Mais si l’on introduit un jeune animal dans le groupe familial quand le senior est encore bien actif, alors c’est bénéfique pour les deux. Le jeunot va faire maints apprentissages par imitation avec son « vieux prof » (il vaut mieux à ce sujet avoir plutôt un « ancien » bien aux ordres, car ses mauvaises habitudes vont aussi « déteindre » sur le plus jeune !) Stimulé, un chien senior peut retrouver une seconde jeunesse, mais il faut veiller aussi bien à respecter l’ascendant qu’il maintient sur le jeune, qu’à parfois le modérer si ne se sentant pas vieillir, il en faisait un peu trop !

Et, si enfin plus tard avec tous vos soins, votre chien ne passe plus son temps qu’à dormir et semble devenir comme plus « mécanique », à n’être plus intéressé que par sa gamelle et l’heure des sorties (pour d’ailleurs vouloir rentrer très vite dès ses besoins faits !) il faudra devenir encore plus indulgent pour l’accompagner jusqu’à sa fin.

« Maintenir son vieil animal en vie dans le confort jusqu’à sa mort, ne devant évidemment jamais vouloir dire que l’on va s’obstiner de manière déraisonnable pour le garder, et finir par le faire souffrir inutilement et uniquement pour notre propre confort ».

Avec l’aimable autorisation de :

Danièle  Mirat – Caniconsultante

Texte co-rédigé avec Françoise Gaudron et publié dans le magazine « Santé Pratique Animaux » n°11

Pour Entraide Anima-Deuil (association de soutien suite à la perte d’un animal de compagnie)

https://www.communicanis.com

QU’EST-CE QUE LE PROCESSUS DE DEUIL ? 1024 682 Chantal Chiarotto

QU’EST-CE QUE LE PROCESSUS DE DEUIL ?

« Parler de ses peines, c’est déjà se consoler ». – Albert Camus

LA TRAVERSÉE DU DEUIL

Perdre un être cher est une expérience tragique. Aucun mot ne peut exprimer ce déchirement, cette sensation d’étouffer. Être en deuil, c’est être confronté à l’absence définitive de la personne aimée, c’est vivre avec une sensation douloureuse de manque.

Mais le deuil ne se réduit pas à la souffrance causée par l’absence. Il s’agit d’un mouvement bien plus vaste et profond, qui nous affecte de multiples manières. On peut avoir la sensation d’être pris dans un tourbillon d’émotions fait, de colère, peur, détresse, culpabilité ou encore d’un sentiment un peu cotonneux dépressif.

On subit un stress chronique, qui perturbe le sommeil et fragilise le corps. Cela peut être à la source de petits problèmes de santé. On constate enfin dans une majorité de cas, une transformation dans notre rapport aux autres et avec soi-même, dans nos valeurs et priorités de vie. 

Dans la période trouble que vous vivez, où vos repères sont flous, vous n’aurez pas nécessairement conscience de ces transformations… Rassurez-vous, elles se font au fil du temps. Et vous verrez votre souffrance évoluer et s’apaiser.

LE DEUIL FAIT SUITE A LA DÉCHIRURE D’UN LIEN AFFECTIF

Imaginez que vous appreniez le décès d’un individu que vous ne connaissiez absolument pas, avec lequel vous n’avez aucun lien d’attachement. Sa mort pourra vous attrister, mais votre existence reprendra son cours habituel, peu de temps après.

Le deuil est à distinguer de l’idée de la mort, en tant que telle. Il n’y a deuil que lorsqu’ il y a attachement, quand le lien qui nous unissait à l’autre, s’est déchiré.

CHAQUE DEUIL EST UNIQUE

Chaque deuil est unique et chacun peut le traverser de manière très personnelle. Il n’y a pas un chemin de deuil, il y a autant de chemins que de personnes qui le parcourent.

Votre vécu de deuil peut être influencé par de nombreux facteurs. Il peut être coloré, bien sûr, par le temps que vous avez passé avec cette personne et par la nature et l’intensité de ce lien.

Mais aussi par les circonstances du décès – est-ce qu’il fait suite à une maladie, un accident, un suicide… ? – ou encore par votre histoire de vie. Par exemple, on remarque que la douleur d’un deuil présent prend parfois ses racines dans des deuils passés, qu’il peut les raviver.

LE DEUIL COMME PROCESSUS DE RECONSTRUCTION

Le deuil peut être vu comme un processus qui vise à apprendre à composer avec l’absence de la personne disparue, à l’apprivoiser. En cela, c’est un processus de reconstruction. Mais gardez à l’esprit qu’on est dans un temps long, qui s’apparente à un vrai marathon.

Comprendre ne fait malheureusement pas disparaître la douleur. Toutefois, cela éclaire le chemin à parcourir ; vous n’êtes plus seul perdu dans la nuit, vous pouvez donner cohérence et sens à ce que vous éprouvez.

UN JOUR A LA FOIS – LES ÉTAPES DU DEUIL

La plupart des personnes ayant perdu un proche traversent plusieurs étapes avant de se sentir à nouveau maître de leur vie.

Afin de vous guider dans la traversée de votre deuil, voici les étapes que vivent la plupart des personnes en deuil.

« Si experience du deuil est unique pour chacun, son déroulement est identique pour tous » :

en trois phases principales.

PHASE 1 : le Déni

– Le choc, la sidération

LES PREMIERS MOMENTS

À la nouvelle du deuil, la personne endeuillée est dans un état d’incrédulité, voire de déni radical. Des mécanismes de protection se mettent en place pour préserver sa conscience de l’énormité de ce qui vient de se passer.

– La fuite la recherche

La personne endeuillée mobilise une énergie colossale pour tenter de fuir la souffrance (travail assidu, hyperactivité, addictions diverses…). Elle va rechercher et tenter de préserver, coûte que coûte, la relation interrompue avec l’être aimé : besoin de toucher ses vêtements, sentir son odeur, regarder ses photos et vidéos, entendre sa voix…

Dans ses premiers moments l’endeuillé est la proie de nombreuses émotions : tristesse, colère, culpabilité. L’aide consiste surtout à lui permettre de les exprimer.

PHASE 2 : la désorganisation

LA PHASE DEPRESSIVE

C’est l’étape centrale du deuil, qui débute quelques mois après la perte et qui va durer plusieurs mois, quand la personne réalise vraiment l’absence. Elle peut associer dépression de l’humeur, douleur intérieure, absence de goût pour la vie, fonctionnement mental confus, et repli sur soi. La souffrance morale est la conséquence du travail de désinvestissement : chacun des souvenirs et des espoirs doit être remémoré, confronté à la réalité puis être désinvesti. Ce mouvement de retrait est nécessaire sous peine de risquer de « mourir avec » l’autre (folie, maladie, suicide…)

La douleur peut atteindre un paroxysme inédit, avec un vécu dépressif dans lequel les émotions ont une intensité considérable. Il y a une totale perte de repères et de structure, un profond sentiment de solitude.

PHASE 3 : la réorganisation

LE RÉTABLISSEMENT

Peu à peu, un lien d’une autre nature est en train de se renouer entre la personne endeuillée et l’être aimé. La relation extérieure fait place à une relation intérieure. Lentement, la personne endeuillée commence à entrevoir la possibilité d’un retour à la vie. Elle redéfinit sa relation à elle-même, à autrui et au défunt.

LE DEUIL UN VOYAGE DIFFICILE

L’être cher qui vient de vous quitter laisse un vide énorme dans votre vie. Au fil des semaines et des mois qui vont suivre, vous passerez sans doute par une foule d’émotions : c’est normal.

Le mot deuil tire ses origines de latin « doulos », qui signifie « douleur » La traversée du deuil qui s’amorce pour vous risque  en effet d’être douloureuse. C’est inévitable !

Soyez indulgent envers vous-même. Vivez un seul moment à la fois et ne manquez pas l’occasion de vous féliciter pour votre courage.

« Votre peine est unique, tout comme vous ! Je mets mes expérience, mes formations à votre service ». Bien chaleureusement, Chantal CHIAROTTO – Thérapeute du deuil